Ma maison de Normandie

(article en construction)

Ma maison de Normandie sera une longère intégrale de plain-pied en matériaux traditionnels composés dans l'optique de soutenir les effets d'un climat déréglé s'aggravant, savoir :
- tempêtes de vent fort
- pluies diluviennes
- canicules
- froid extrême
- météo tempérée les 4/5e du temps, puis les 3/4, les 2/3, la moitié et ainsi de suite jusqu'à la fin de la Sixième Extinction.

Le profil de la longère s'adapte bien aux tempêtes et il est facile de l'adapter au déluge. De même la forte amplitude thermique sera compensée en grande partie par l'inertie des matériaux de structure. Enfin l'espace y sera mesuré. On verra tout çà.

longère normande classique

AA.- LA SITUATION

Il siéra de choisir un plan légèrement incliné en contre-pente des vents dominants, en Normandie, ceux du secteur ouest-sud-ouest, ceci pour respecter les besoins de drainage.
L'environnement naturel éloignera de la maison les arbres à proportion d'une fois et demie leur hauteur finie.
De même les sols seront laissés le plus possible à l'état naturel avec un nivellement léger. On reviendra sur le jardin.

La seule fantaisie pourrait être de choisir un plan en angle obtus pour rompre la façade peut-être rébarbative.

La voie d'accès sera étudiée avec soin dans son tracé et son nivellement pour aider à l'évacuation des eaux de pluie battante.

On a compris que l'idéal n'est pas un terrain parfaitement plat.

BB.- LES FONDATIONS

La base de la maison combinera l'inertie thermique par le sol et l'évacuation à grand débit des eaux pluviales.
Le radier de construction sera composé de trois rectangles :
Le rectangle intérieur après nivellement sera décaissé de l'épaisseur du hérisson et de la dalle intérieure sur polyane qu'il recevra. On ne parle pas de la réservation des trajets de toutes les utilités qu'il ne faudra pas oublier.

Le rectangle moyen sera décaissé de la profondeur hors gel de la région et au minimum de 40cm. Il servira de ceinture maçonnée sur laquelle seront posés les murs d'élévation.

Le rectangle extérieur sera excavé de 90cm et façonné en drain sous une pente minimale de 6%. Ce drain périmétrique en terre cuite d'une largeur d'au moins 22cm alimentera un puisard de grande capacité où sera stockée l'eau d'arrosage. Il sera alimenté par les chéneaux de toiture et le ruissellement sur la maison. La couverture du drain fait débat.

fondations d'une longère

CC.- LE DESIGN

Longère normande villageoise traditionnelle de plain-pied, simple à prolonger, composée d'une enfilade de pièces à vivre sous un grenier de rangements, dédié à la distribution des réseaux et par choix non aménagé (mais aménageable plancher posé).

DD.- LA CONSTRUCTION DU GROS OEUVRE

Le principe est celui du mur à colombage, avec poteaux, sablières, traverses et hourdage en torchis. Les finitions extérieures doivent résister à l'humidité normande et les finitions intérieures contribuer à l'assainissement de l'air avec un effet décoratif traditionnel.

Le colombage sera érigé par la pose des poteaux sur la ceinture d'assise dans des trous réservés à la construction d'icelle.
On pourra au choix poser une sablière basse sur cette ceinture, sur laquelle seront repris à tenon et mortaise les poteaux d'élévation.
Ma préférence va aux poteaux encastrés dans la ceinture et bloqués par des sablières d'intervalle.
Les traverses y seront assemblées en vertu des ouvrants, les sablières haute et basse bloqueront l'ouvrage avec un soin particulier dans les retours d'angle (coins de la maison).

La poutraison du plafond et la charpente seront construites dès que les colombages seront dressés et la couverture posée dans la foulée. Cela permettra à l'ensemble de s'asseoir avant d'appliquer le hourdage et évitera les fissures d'un mur travaillant.

Un torchis composite à base de béton de chanvre perspirant sur claies d'accrochage, qui sera lissé à l'extérieur ou autrement ruisselant, et chaulé à l'intérieur devrait faire l'affaire, mais il y a débat sur les proportions. Des associations de réhabilitation du patrimoine normand ont les bons secrets.
Ce matériau est facilement réparable en cas de tornade.
L'épaisseur du mur ne doit pas être limitée à l'épaisseur du colombage, env. 15-18cm. Le torchis appliqué à l'intérieur peut enrober le colombage et faire dans les 6cm portant l'épaisseur totale à 21-24cm.

EE.- QUELLE COUVERTURE ?

Le design est important.
L'abondance des pluies demanderait des avant-toits généreux pour protéger les murs mais donnent prise au vent.
Par contre la pente sera forte, de 55 à 60 degrés. Donc l'avant-toit très plongeant encaissera le haut du mur qui est la partie la plus fragile et résistera mieux au vent.

Le choix est entre le chaume facile à réparer et très chaumière, le shingle facile également mais qui demande un platelage en bois et le bacacier isolé très résistant.
Mon premier choix serait le shingle, plébiscité par les Canadiens. L'isolation de l'habitation étant assurée par de la laine de roche ou autre déroulée au-dessus du plafond, 20cm mini.
Usé, on le recouvre de shingle neuf et c'est tout.

E1.-LES SOLS

Le sol traditionnel normand est la tomette de terre cuite. Elle respire par les joints et demeure facile d'entretien.
Dans les chambres on peut cirer la tomette à chaud et marcher en charentaises.

On ne posera pas de planchers sur la chape sauf à mettre des lambourdes hautes et ventilées. Le chêne pompe, le sapin douglas moins. On ne trouve pas de châtaignier au nord de la Loire et c'est dommage car il est imputrescible et conviendrait.

Enfin on mettra un soin particulier à façonner les seuils et les appuis de fenêtre car ils sont les premiers exposés aux intempéries. Un matériau de protection facilement remplaçable serait une bonne idée.

On en vient à la zinguerie : le critère sera le gros débit. Les "nantaises" avec bande de garantie débitent plus que les gouttières rondes mais sont réservées aux toits affleurant les murs.
Les descentes prévoiront des échappatoires en cas de forte intensité de la pluie. Il y a un souci de design.

Le toit pentu sera percé de quatre petites lucarnes triangulaires opposées donnant du jour et permettant d'aérer l'été. Pas de Velux.

FF.- LE PLAN

La longère traditionnelle va d'un côté à l'autre en partant d'une cheminée en pierre dans le mur pignon. Parfois ce pignon est tout en pierre, l'âtre intérieur faisant pratiquement en largeur la longueur du pignon.
Puis les pièces se succèdent jusqu'à l'autre bout de la maison.
Il est plus pratique d'avoir un couloir le long des chambres et du bloc sanitaire.

Le plan du chapitre "Distribution" ci-dessous n'est pas mal du tout en réduisant de moitié la largeur des deux ouvrants du séjour, quitte à en faire trois. Quel qu'il soit, le plan devra intégrer dès le départ le système de chauffage hivernal et de ventilation estivale, outre tous les réseaux.

GG.- DISTRIBUTION

plan de la longère normande
A défaut du plan c-dessus, d'un pignon à l'autre, on peut aussi imaginer :

A. un séjour à 3 fenêtres (2+1) [24]
B. un bloc cuisine, souillarde, cellier-frigo [16]
C. une entrée avec vestiaire et WC[8]
D. une chambre 1 avec placard de séparation [15]
E. une chambre 2 avec placard de séparation opposé [15]
F.- un bloc sanitaire complet [9]
G. un débarras ou un petit bureau avec porte extérieure [9]
H. un local technique gérant les viabilités et l'énergie [3]

HH.- DEPENDANCES

Les dépendances sont à la base du confort de la maison. Elles peuvent être séparées de l'habitation, sinon dans son prolongement ou dans un retour d'angle.
On prévoira :
1. un garage à deux voitures ou une voiture et un tracteur-tondeuse
2. un atelier avec sanitaire (eau froide et chaude et WC)
3. un local jardinage - serre
4. une bûcherie où stocker du combustible

H1.- GARAGE

Les fermettes ont souvent des dépendances ayant abrité les outils nécessaires à l'exploitation agricole, souvent des hangars ouverts. Mais quand on parle "garage" on parle d'un équipement spécifique aux véhicules. Il faut donc un espace clos et couvert.

- établi complet
- servante d'outillage
- station compresseur d'air
- moyen de levage
- fosse, ou demi-fosse entre deux rampes maçonnées

H2.- ATELIER

Il réunira tous les outils et les ingrédients nécessaires à l'entretien de la maison. Une longère basse est très facile d'entretien. Faut-il encore avoir de quoi.

Les combles ne seront pas aménagés et pourront servir de grenier à l'ancienne. On y accédera par un escalier métallique posé sur un des pignons ou par une échelle de meunier extérieure.

II.- ABORDS

Il est tentant d'augmenter la maison d'une véranda ou d'une pergola, mais ce serait nier le dérèglement climatique et ses risques.
Une terrasse à ciel ouvert sur laquelle on pourra déployer un grand parasol de forain répondra à ce besoin.

JJ.- LES OUVRANTS

Vu le climat, on choisira des fenêtres résistant à la pression de la tempête. La longère étant basse par construction, des fenêtres étroites mais montant jusqu'à la sablière haute pour donner du jour sont à privilégier.
On peut envisager la fenêtre double, laissant un appui intérieur de 22cm sur lequel pourront croître en pot des plantes décoratives abritées.

Toutes seront pourvues de volets battants pleins actionnables de l'intérieur.
Les portes-fenêtres sont à bannir parce qu'elles n'opposent aucune résistance au vent de face.
La porte d'entrée comme la ou les portes de service, sera pleine, basse, d'un seul vantail 5-points et si possible cintré pour le cachet.
En parlant de cintrage, on pourrait mettre en débat un léger cintrage vertical des ouvrants qui opposeraient une plus forte résistance à la pression de l'ouragan par le report de cette pression sur les dormants latéraux au lieu qu'elle s'exerce sur la ligne de fermeture.

KK.- DIMENSIONS

On peut partir sur une largeur intérieure de 4m et une hauteur de plafond de 2,2m ou 2,05 sous poutre.
Avec l'enfilade prévue au paragraphe GG, on arrive à 99m² de plancher intérieur (placards compris).
Soit une emprise au sol de 23m sur 4,50m pour le logis principal.
Le plan en image i-dessus est un peu plus grand, on peut le réduire en jouant sur la largeur de la maison.
LL.- LE JARDIN

C'est le joli cadre qui entoure le tableau. Il mérite son propre plan amendé par les traces que laisseront sur le chantier les différents corps de travaux. Si vous tenez à conserver un arbre, une charmille ou un vieux puits, il fait les placer en zone interdite délimitée par du ruban de police sur piquets de fer très costauds.

On gardera à l'esprit que le jardin doit être adapté au climat déréglé, pluies, vent et canicule. On préfèrera des haies basses et denses faites de buis délimitant des carrés potagers d'environ 30m² ou moins.
L'exposition au soleil et la circulation de l'eau devront être étudiées avec la patience requise.
Les cultures sur substrats seront préférées aux défoncements.

Specifiquement à la longère normande, les fleurs grimpantes vont très bien sur les façades en colombage. Les rosiers surtout. La faible hauteur de l'avant-toit permet de contenir facilement le développement végétal et l'envahissement des chéneaux avec un simple escabeau.
Plus un pays est gris, plus il y faut de la couleur et du contraste.

Ce chapitre mériterait un développement aussi long que celui de la maison principale.

MM.- L'ENERGIE

Il n'est pas de maison sans viabilités ni assainissement.
Sans aller jusqu'au concept "hors-réseaux", il faudra prévoir des accidents pouvant les neutraliser.
Les viabilités sont de trois sortes : le courant électrique, l'eau froide et chaude, et les calories/frigories. L'assainissement est très bien maîtrisé par les fosses septiques sélectives. On n'y reviendra pas.

L'eau est primordiale. Elle est dans la nappe phréatique, la variable est sa profondeur. En Normandie elle n'est pas très basse.
La première chose sera de chercher la veine d'eau souterraine, puis de forer.
L'extraire est simple, l'éolienne du farwest ou pompe à vent s'impose, qui emplit un bac d'accumulation avant le filtrage au charbon de bois puis la cuve de stockage.
Pour l'eau courante il faut créer un réseau de distribution sous pression (2 bars) commandé par une pompe électrique. Penser à faire boucler le circuit d'eau chaude sur un circulateur basse vitesse économisera de l'énergie.

Trois milieux nécessitent de l'énergie : l'air ambiant, l'eau chaude, les bains de cuisson.
La cuisinière en fonte à bois répond plus ou moins bien à ces trois défis.
Un insert débouchant sur un réseau de tuyaux d'air chaud courant dans le grenier vers des bouches de plafond sur chacune des pièces est une bonne solution.
A y être, une VMC parallèle assainira l'air ambiant à petite vitesse. Attention à la résonance de l'unite centrale.
L'énergie primaire de ces systèmes sera soit le bois forestier soit le bois en granulés (mais il faut du courant).
Pour résumer, on aura donc une cuisinière à bois à la cuisine (sous la cheminée de l'image) et un insert à bois dans le séjour.
Mais il existe aussi les bouteilles de butane voire propane.

Reste l'eau chaude. On a de bons résultats avec des panneaux solaires si l'eau est gérée à l'économie. Sinon on peut étudier un calorifère à la romaine chauffé par un des points-feu de la maison.

NN.- LES ABONNEMENTS

C'est une précaution élémentaire de se raccorder aux réseaux disponibles d'eau de ville et d'électricité (contrat basse consommation)
La connexion au web est un sujet à part. Il faut mettre en balance la fibre si votre voie est câblée (le cuivre PTT va disparaître) et le satellite.




Bibliographie

  1. Autoconstruction - généralités
  2. Rénover une longère - guide Saint-Gobain
  3. Maisons paysannes de l'Eure
  4. Techniques de restauration appliquée
  5. Architéa Pays d'Auge
  6. L'Authentique patrimoine normand

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